HENRI CARAGUEL

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Multi-instrumentiste avec une prédilection pour les instruments à cordes, compositeur, Henri Caraguel est depuis 15 ans un animateur précieux de la scène bordelaise. Complice du polymathe Kim dans beaucoup de ses coups, il est avec lui et quelques musicien de Calc l'un des éléments fondateurs du collectif Cocktail Bananas avec lequel il continue aujourd'hui d'écrire une belle histoire de busker band.

C'est en étant l'initiateur en 2003 de Samba Wallace et leader de ce qui aurait dû être le Phoenix gascon qu'il se fait un nom. Les collaborations sont nombreuses et celui que l'on surnomme déjà Ride On enchaîne les projets, assume ses diverses influences avec autant d'implication que d'inspiration. Guitariste postpunk dans le super-groupe The (Best American Band) dont on attend toujours l'édition des secret tapes (quelques morceaux ont fuités sur la page du groupe Hot Flowers), il est aussi trublion sexy au sein de The Wackies, groupe pop français, version adulte du spectacle familiale des triomphant The Wackids.

Henri a toujours une mélodie en tête, un p'tit riff dans les mains, un désir inaltérable de séduire les cœurs tendres et c'est avec son album autoproduit « Ride On & The Yellows » (2013) qu'il nous démontre le mieux son talent d'auteur. Baignant dans ses vynils d'Herman Dune, d'Harry Nilsson ou de John Lennnon, il contribue avec douceur et pertinence (Simon Pourbaix et Julien Perugini) à cet art de la chanson pop ouverte à l'exploration. Il reprend souvent quelques titres de cette période avec ses fidèles Bananes.

Infatigable mineur du folklore américain, à l'instar d'un John Fahey ou d'un Bert Jansch, il diversifie sans cesse sa technique instrumentale, toujours curieux d'apprendre ou de transmettre un nouveau finger-picking. Admirateur légitime de Jeff « Skunk » Baxter (Steely Dan, Dobie Brothers), il s'est rapproché du lapsteel, instrument qui deviendra malgré lui synonyme d'une country 70s ringarde et dont Ride On fait une histoire personnelle de redorer le blason.

En 2014, Henri et ses Cocktail Bananas aident Milos Unplugged a enregistré son 2ème album. Ils l'accompagneront souvent sur scène.

Seul, il sort en 2016 un album instrumental qu'il compose et enregistre à la maison : « My Best Beaches » est une œuvre singulière dans le panorama musical actuel. Il faut imaginer un François de Roubaix contemplatif mais soucieux, concevoir un Beck à qui on aurait interdit ses joujoux électroniques. Ukulele, lapsteel, balafon, Hawaii n'est plus si loin à l'écoute de ce disque. Cultivant l'esprit des chemises à fleurs et du mojito hivernal, ces 8 titres instrumentaux sont autant de souvenirs de plages, de vie de famille, de couple, pour ce sensible baroudeur. Caraïbes, Méditerranée, Long island, « My best beaches » est un journal intime musical dévoilé à qui veut bien l'écouter. On ne peut ignorer l'empreinte qu'ont laissé des maîtres de l'ambiance comme le délicat Mathieu Boogaerts ou les populaires Calexico sur ce gringo amoureux de musique avant d'être épris d'un style. Point de sample ou de beat box sur les bandes, ici les instruments sont choyés, les maracas ont encore leur place, les guitares n'ont pas été délocalisées et la tradition acoustique a mué en un doux leitmotiv de vacances. 

Ed WOOD LAB