Janis Little girl blue

SUR LA ROUTE DE LA PREMIERE FEMME DE L'HISTOIRE DU ROCK

J'aime mieux vivre 10 ans super hyper pleinement que de vivre jusqu'à 70 ans dans un fauteuil devant la TV.

Je découvre avec jubilation le documentaire musical Janis Little girl blue de la réalisatrice américaine Amy Berg. Cet hommage vibrant retrace le parcours chaotique et sinueux de Janis Joplin surnommée la reine blanche du blues. En 1970, rattrapée et happée par sa douleur de vivre elle tire sa révérence quelques jours après la mort de Jimi Hendrix. Elle laisse l'album posthume Pearl avec une chanson inachevée au ton prémonitoire Buried Alive in the blues. Jim Morrison la rejoindra ensuite avec sa guitare.  

De nombreuses images d'archives (des extraits de concerts, des témoignages de ses proches, des photographies) révèlent l’authenticité de ce personnage confronté à la dualité. C'est plus que ça puisque Janis dispose d'une énergie aussi bien féminine que masculine. Aucune pudeur et aucun tabou. De la rage, de l'audace, de la fougue et de la hargne font d'elle une artiste fracassée par son vécu éprouvant. Poussée par l'élan de vie, elle y puise toute la richesse de ses failles avec une voix éraillée et frêle. En ayant recours à cette force magnétique elle annonce d'emblée la révolution chez les femmes.

Les révélations des méandres du rock psychédélique et du blues nous rappellent son attachement viscéral à la musique des noirs, plus particulièrement celle de deux femmes Bessie Smith et Odetta.

Cette source d'histoire vivante évoque également en filigrane la trame historique de cette période avec le mouvement protestataire dénonçant la société de consommation et la culture de masse. 

Sa carrière furtive ponctuée de performances musicales marque à jamais l'histoire de la musique. Comme l'a déjà joliment souligné le titre du New York Times une étoile est née, celle-ci continue à briller aujourd'hui. Elle ne nous lâche pas. Patti Smith et Marianne Faithfull en sont la preuve vivante. Ce sont des comètes de Janis Joplin dans le ciel du rock. 

Milos Ares Asian Teran