SIGO SIENDO

En Avant-première à l’Utopia, projection-débat unique, le 30 novembre à 20h30 avec le musicien César Octavio Santa Cruz, l'artiste plasticien Gloria Verges et la présidente de la FAL 33.
 

Après avoir vu Cheeckpoint rock : canciones desde Palestina et Invisibles, je découvre une autre facette du réalisateur Javier Corcuera. Etant habitué à traiter des thèmes sociaux particulièrement sensibles, il sort ici complètement de l'ordinaire avec son documentaire généreux Sigo Siendo

Il nous emmène cette fois-ci nous épanouir à travers un long périple musical au Pérou avec des prises de vues de paysages à couper le souffle. Dès les premières images, bercés par un chant féminin doux, mélancolique et une barque dérivant, nous sommes emportés vers un ailleurs indicible, à la fois proche et lointain avec le violon, la guitare, l'harpe, le cajun et le blues. 

La musique se fait et se défait depuis des siècles. Elle est l'apanage des humains. N'importe qui peut en faire : jouer avec sa voix, avec un ustensile, en battant le rythme de ses mains ou ses pieds… Il y aura encore et toujours de plus en plus de musique à découvrir. Ce langage universel est une lumière intarissable qui ne cesse de se réinventer. Où que l'on aille dans le monde, la musique est autant présente que prégnante. Toutes les cultures produisent de la musique. Elles y sont particulièrement sensibles.

La vie de l'humain ne tient qu'à un fil, celui de la musique. Son antidote. Sans lui, il meurt. Deux ingrédients le compose : la nature et les sentiments. Leurs liens ancrés profondément créent une unité. C'est en la nature que l'on puise la musique. Elle se fonde sur un système musical avec une consonance acoustique propre au pays et à sa culture. C'est donner de l'esthétique aux sentiments affectifs.

Cette combinaison est prouvée par le documentaire Sigo Siendo. Il fait référence à un tour d'horizon musical populaire au Pérou, plus particulièrement dans trois régions Ayacucho, Amazonas et Costa. En ayant un pied dans la nature et un autre dans la culture, cette immersion est riche en enseignement.

Cette oeuvre introspective est sublime et précieuse. En transcendant la réalité, elle rend agréable la découverte des lieux et des musiciens profondément attachants dans leurs relations uniques, fusionnelles avec les instruments. Leurs histoires personnelles s'imbriquent pour former l'histoire péruvienne avec ses identités musicales "éclatées" fortement influencées par le métissage. Elle est forgée et esquissée par des styles musicaux à sauvegarder. La lutte incessante pour maintenir cette spontanéité musicale nous rappelle la sacralisation du rôle énergétique des musiciens. 

L'esprit du Pérou est toujours vivant. Sans cesse entretenu, il ne meurt pas. Tel un condor, il colorise la musique péruvienne en ensoleillant la vie.

Milos Ares Asian Teran